Boulanger Story
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Boulanger Story
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********************Boulanger Story********************

Malgré le temps qui passe ( déjà 42 ans) je pense toujours aux très bons moments que nous avons connus avant les événements et qui nous ont frappé de plein fouet.
Ma jeunesse, certes pas dorée, était sans soucis et possédait une joie de vivre à faire pâlir les enfants des nantis.
Nous étions heureux dans notre pays!!!
C’était notre Amérique à nous !!!
Aujourd’hui je me dis : heureusement que le l’état n’a pas mis en place un impôt sur les souvenirs, il se ferait les Glaouis (Testicules) en or massif avec nous les Pieds-Noirs !
Je pense souvent aux anciens du quartier, à M. SOCCORO l’épicier, devant sa boutique avec son tablier bleu et avec son couvre-chef préféré, le béret.
Le chef d’orchestre qui animait le groupe, était M. MOUCHE avec sa casquette de l'EGA et sa tenue de couleur kaki qu'il continuait à mettre malgré son statut de retraité.
Je me souviens de l’accident du travail M. Mañuel ROMAN, il avait fait une chute grave de deux étages dans une cage d’escalier, il se déplaçait tout le temps à l’aide des béquilles.
Je me rappelle, de M. Antonio MARTINEZ papa de Christian, il portait toujours des bretelles et une casquette.
Quand je joue à la pétanque, je ne peux pas m'empêcher de penser à M. NIETO, un des meilleurs joueurs de boules du quartier.
Lorsque je regarde un match de football, Je pense à tonton Bernardin (Bernardino) MARTINEZ, arbitre de football de la ligue d'Algérie et du C.O.B, ancien goal de ce club et d'une sélection d'une équipe de France militaire. Il nous mettait des coups de pieds au cul lorsqu'il nous voyait vagabonder loin de notre quartier.
Il travaillait avec mon frère aîné Raymond à la fonderie DUCROS au quartier de Gambetta où ils exerçaient un métier très difficile, ils arrivaient le soir à la maison, noirs de la tête aux pieds comme des charbonniers.
Ils avaient du courage car ils travaillaient sans rechigner. Comme beaucoup d'ouvriers avec salaires inférieurs de 20% par rapport à la métropole !
Je pense aussi à tous les anciens qui m'ont vu naître.
Ils discutaient tous les jours de la pluie et du beau temps, assis sur le petit muret de l'épicerie à l'angle de la rue d'Auppeu et de la rue Mancipp.
Je pense aussi à mes instituteurs de l'école Magnan, M. SANCHEZ, M. FABRE, Mme MOLISSE, M. SEGARRA, M. LEVY, M. OBADIA, à M. FERAUD le directeur.
Je pense aussi, à tous mes copains d'école et du quartier, Francis TORREGROSSA, Christian MARTINEZ, Serge ALARCON, Manou DE RIVAS, Alain CORREA, les frères ALVEROLA.
Bonnes nouvelles ! J'ai réussi grâce à la magie d'Internet à retrouver et correspondre avec les trois premiers cités. J'aimerai que les autres se manifestent avant qu'il ne soit trop tard!
Vers la fin des années 50 dans la cour où j’habitais, Gérard LOPEZ âgé de 5 ans, petit fils de la famille ROMAN venait tous les jours chez nous, maman qui connaissait la passion de ce petit garçon pour le tcha-tcha-tcha, mettait en marche un disque de Dario MORENO « Si tu vas à Rio » et voilà notre Gérard partir au quart de tour pour un marathon de deux heures. Maman adorait le regarder dansait, c’est vrai qu’il avait un jeu de jambe et un déhanchement digne d’un professionnel !!!
Il aimait aussi dansait sur les airs de Los Machucumbos « Pépito mi Corazon »
En arrivant en France en 1962 pour les raisons que nous savons, Gérard a cessé de danser, il n’a pas choisi la voie que tout le monde pensait, il a fait une très haute carrière au ministère de l’intérieur.
Boulanger c'était aussi un quartier animé, en période de Foire au Parc des Expositions, il y avait toujours la foule, à cette époque les exposants étaient plus généreux, ils offraient beaucoup de cadeaux aux visiteurs.
Il y avait aussi le Parc Municipal, les supporters des équipes prenaient d'assaut les bars aux alentours, les saucisses et merguez grillaient au grand plaisir des aficionados du ballon rond.
Je me rappelle encore des bonnes odeurs de toutes les cuisines, poivrons et sardines grillés, l'aros con pollo (riz au poulet), du couscous avec la forte odeur du mouton qui mettait de la saveur! Le poutchero, la bonne charcuterie hispano-oranaise, le potare.
Je me rappelle aussi des coups de canon en fin d'après-midi pour signaler la rupture du jeûne en période du ramdam, les petits copains musulmans partaient en courant chez eux, nous les suivions pour manger ensemble les bonnes sucreries, moucroutes et les z'labias.
Chaque année à l'arrivée du 24 juin, je pense aussi aux feux de la Saint-Jean (la fouguera), nous nous relayons avec les copains pour surveiller et garder le tas de bois, de troncs et de branches d'arbres, afin que les gars des autres quartiers ne viennent pas les brûler avant la fête. Le maitre d'œuvre était souvent mon cousin Bernard MARTINEZ qui habitait au 9 rue d'Auppeu. Le soir de la saint-Jean dès que le feu démarrait, c'était la joie et tout le monde tournait en courant autour du brasier! Même Jeannot et Jeannette les deux SDF du quartier étaient de la fête, ils arrosaient ça au Margnat-village. A la fin de la fête et après s'être endormis, certains de nos petits copains faisaient pipi au lit. Je ne connaissais pas la raison du pourquoi de cette réaction au contact du feu!
Les souvenirs agréables qui me reviennent souvent, sont ce de M. CORREA lorsqu'il nous accompagnait de temps en temps avec son fils Alain à l'école à bord de sa belle carriole attelée à un splendide cheval.
Je me rappelle aussi du patronage " Le Don-Bosco" au quartier d'Echmühl, où nous jouions au hand sur le terrain des Spartiates le mercredi, ho! pardon c'était le jeudi à cette époque le jour de repos pour les écoliers! Pour la petite histoire, l'équipe des Spartiates fut championne d'Algérie à la fin des années 50.


C'était aussi la route des vacances, on passait par l'avenue de la République pour aller prendre l'avion à l'aéroport de la Sénia et partir pour toutes les destinations.
Dans la cour de la maison où nous habitions, je me rappelle aussi des bonnes grillades de sardines, avec les voisins et les amis de papa.

Les souvenirs du mariage de ma sœur, Marie Emile (Marinette) !!!
C'était un samedi 28 juillet 1958, après la cérémonie civile et religieuse, un banquet ( boissons, petits pains garnis, gâteaux, fruits, fromages, pièces montées et champagne) attendait tous les invités.
Les voisins proches et les amis de la famille étaient aussi présent. Mon cousin Joseph RUIZ né à la rue Sidi-Snoussi à Saint-Antoine était garçon d’honneur, ainsi que Antoine AGULLES(Kiki)
Mes sœurs Huguette et Christiane ma jumelle ainsi Hélène ALCALA étaient filles d’honneur. Au total dix filles d’honneur et quatre garçons d’honneur.
Mes parents avaient même invité des militaires métropolitains qui passaient en patrouille dans le quartier, ils étaient ravis de notre accueil et de notre convivialité.
La fête a continué avec la musique tard dans la nuit. C’était le premier et dernier mariage dans la fratrie de sept enfants de nos parents en terre d’Algérie.

Dans le quartier avec les copains, nous avions un esprit d’aventurier, nous étions des petits « Indiana Jones »
Un jour d’été, avec Georges MENGUAL (dit Georgeot) c’était le fils du Gérant de la maison de la presse sur l’avenue de la République, Alain CORREA, mon frère Louisou et d’autres copains, nous avions décidé de partir au « ravin raz el aïn » pour explorer sa grotte et son passage souterrain.
Ce lieu avait été amélioré et aménagé par les Espagnols lors de la construction du fort de Santa-Cruz pendant la seconde moitié du XVIe siècle, le Marquis de Santa.-Cruz étant alors Gouverneur d'Oran.
Ce passage servait d’issue de secours pour les soldats espagnols en cas d’attaque des Arabes ou des Turcs. Nous savions que nous pouvions trouver des pièces espagnoles en argent datant du XVI siècle et plus.
Nous partions en direction du Ravin Raz el Ain, après avoir arpenté l’avenue du Colonel Ben-Daoud où se trouvait au n° 53, le dépôt des bus des T.O. Au croisement avec l’avenue d’Oujda nous empruntions la rue du ravin Raz el Aïn jusqu’à la fin de cette artère.
Devant l’entrée du lieu que nous voulions explorer se trouvait Kader, il avait 25 ans environ, il voulut se joindre à nous et nous voilà tous partis pour l’aventure !
Les parpaings qui obstruaient l’entrée du souterrain avaient été enlevés, nous avions tout loisir de pénétrer. Le fils MENGUAL (son père était le libraire et le marchand de journaux de l’avenue de la République) tenait le rôle de l’éclaireur il nous guidait avec sa torche électrique à l’intérieur il y faisait froid et humide; Une odeur de moisi envahissait l’atmosphère.

Soudain, MENGUAL trouve une pièce puis une seconde, se retournant vers nous, il nous dit « la chose va bien » et patatras ! Notre guide était tombé dans un puits creusé dans la galerie où nous marchions, nous étions sans lumière et dans l’obscurité totale. En tâtonnant à droite et à gauche, nous avons pu secourir notre ami MENGUAL.
Nous étions pris de panique, nous savions que cet endroit servait parfois de refuge aux terroristes du FLN. Alors nous avons rebroussé chemin pour trouver la sortie, nous tournions en rond depuis plus d’une heure. Alain CORRÉA et moi, nous étions les plus petits de la bande et nous nous tenions par la main par peur de nous perdre.
Kader qui nous accompagnait était plus effrayé que nous Dans sa panique, au lieu d ‘appeler notre guide MENGUAL, il l’appelait Pingouin ; Aujourd’hui encore je ne vois pas le rapport entre MENGUAL et Pingouin !
Dans une des galeries je suis tombé moi aussi dans un petit puits, j’étais trempé jusqu’aux os et j’étais maculé de terre glaise de la tête aux pieds. Enfin à force de courage et d’obstination nous avons retrouvé notre chemin et la sortie.
A notre retour à la maison, je ne vous dis pas la raclée que nous avions reçue.
J’ai contracté une fièvre intestinale dans ce lieu malsain et il m’a fallu un mois pour me remettre de tout ça !


Oran, 1980 au n° 20 de la rue Mancipp, où habitait la famille ROMAN, quel gachis!
Oran rue Latour 1960 en arrière plan et de dos mon oncle Thomas FERRERES (facteur à Oran)
Oran Printemps 1958, rue d'Auppeu devant la villa de M. MOUCHE, moi et ma nièce Brigitte
Oran 1958 au n° 20 rue Mancipp Photo de monfrère Raymond (Ramonico) dans le séjour de notre maison
Hommage à notre Cathédrale du Sacré coeur d'Oran
Plage de Damesne 1959 Papa allongé sur le plus sable du monde
Oran Eglise du Sacré-Coeur dEckmûh, où l'on baptisait la plupart des enfants du quartier
Le bon temps, Oran 1960 Orchestre Henri BOSC, mon cousin René NAVARRO, grand musicien polyvalent
Ecole Magnan, bonjour Mme MOLISSE, Mr FABRE, Mr FERAUD, Mr SANCHEZ, Mr SEGARRA, Mr OBADIA, mes amis
Adieu Oran-mancipp
5/07/1962